2. La Décroissance : mais c’est quoi ce mot repoussoir ?

Le collectif décroissance 2012 vous propose 10 entretiens filmés pour mieux comprendre la Décroissance Politique. Ils vont être successivement mis en ligne pour la fin du mois de février. Voici le n°2

2. La Décroissance : mais c’est quoi ce mot repoussoir ? from Décroissance – Degrowth on Vimeo.

Liste des vidéos : http://www.decroissance2012.fr/?page_id=374

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1. Notre candidatE est la Décroissance

Le collectif décroissance 2012 vous propose 10 entretiens filmés pour mieux comprendre la Décroissance Politique. Ils vont être successivement mis en ligne pour la fin du mois de février. Voici le n°1.

1. Notre candidatE est la Décroissance from Décroissance – Degrowth on Vimeo.

Dix films diffusés successivement jusqu’au début mars 2012.

1. Notre candidatE est la Décroissance.
2. La Décroissance : mais c’est quoi ce mot repoussoir ?
3. Aux origines de la Décroissance.
4. La Décroissance : l’histoire d’un mouvement.
5. Quelle stratégie politique pour la Décroissance.
6. Décroissance : démondialisation, protectionnisme ou relocalisation ouverte ?
7. Crise de la dette et Décroissance : le plan B.
8. Quel projet pour la Décroissance : la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie.
9. Décroissance, démographie et immigration.
10. Décroissance et relations internationales : institutions, démographie et relations nord-sud.

de Vincent Moreau, pour le collectif Décroissance 2012, avec Vincent Liegey du Parti Pour La Décroissance

Pour signer l’Appel : http://www.decroissance2012.fr/
Plus d’infos : http://www.partipourladecroissance.net/
Contact : contact@decroissance2012.fr

Attac s’adresse aux candidats à la présidentielle : voici la réponse de la candidatE de la Décroissance

Attac a interpellé les candidats à la présidentielle par 4 questions. Le collectif Décroissance 2012 y a répondu. Attac a commenté.

Téléchargez la réponse du collectif décroissance 2012

à Aurélie Trouvé et Thomas Coutrot
coprésidents d’Attac France
21 ter, rue Voltaire
75011 PARIS

Madame la présidente,
Monsieur le président,

La Décroissance est candidatE pour 2012. http://www.decroissance2012.fr/

Préambule
En tant qu’objecteurs et objectrices de croissance nous ne pouvons que remettre en question la légitimité démocratique d’institutions comme le G20 : pourquoi seulement 20 pays, qui plus est les plus puissants économiquement devraient décider de la marche du monde ? De même au sujet de l’Union Européenne et notamment des différents traités économiques, comme le traité de Lisbonne, qui ont été imposés sans aucun débat démocratique (quid du référendum sur le traité de constitution européenne).

Si nous pensons qu’il est souhaitable d’avoir des institutions mondiales et européennes, celles-ci doivent se construire de manière participative et transparente dans l’intérêt des peuples et non pas d’une oligarchie.
Ainsi, nous souhaitons que ces institutions mondiales se ré-organisent autour de l’Organisation des Nations Unies réformée (plus de membre permanent ni de droit de véto). De même, pour l’Union Européenne, il est nécessaire de revenir sur le traité de Lisbonne et de mettre en place une assemblée constitutive susceptible de proposer des institutions vraiment démocratiques à l’échelle européenne, en particulier en se réappropriant la Banque Centrale Européenne et donc la création monétaire, outil essentiel pour accéder à des politiques de transitions vers des sociétés soutenables et souhaitables.

1 – Régulation financière
Nous n’avons pas seulement besoin d’une régulation de la finance, mais tout simplement de sortir de la finance pour revenir à une économie réelle.
Ces dernières années, nous avons assisté à une financiarisation de l’économie qui a permis de gonfler de manière artificielle la croissance économique en permettant des endettements privés et publics toujours plus vertigineux. Le système économique actuel a besoin de toujours plus de croissance et de capital pour survivre. L’absence de croissance entraîne l’impossibilité de rembourser ces dettes, privé (c’est ce que nous avons vu en 2008 avec la crise dite des Subprimes) ou publique (c’est ce à quoi nous assistons en particulier en Grèce, Espagne, Italie, États-Unis…), l’explosion des bulles spéculatives dont les premières victimes sont les plus précaires, avec montée du chômage, casse des aides publiques et des services publics.
Notre système économique, basé sur la croissance, est condamné à croître toujours plus ou sinon à s’effondrer. Malheureusement, une croissance économique infinie dans un monde fini est une absurdité. Nous sommes en train d’atteindre les limites de la croissance, notamment en flirtant avec le pic de pétrole. Le pic de pétrole ne fait que précéder un pic de PIB, que nous allons subir quoi qu’il arrive. Il est donc important d’appréhender ce pic dans une perspective démocratique, plutôt que de perdre notre démocratie à essayer de sauver une impossible croissance.

2- Financement des urgences sociales et écologiques
Les crises sociale et écologique, auxquelles nous pouvons ajouter les crises énergétiques mais aussi culturelles, politiques et démocratiques, ne pourront pas être résolues avec des réformes à la marge. Il s’agit d’une crise anthropologique, de la fin d’une civilisation. Il faut donc réfléchir, non pas à réformer un système qui nous amène droit dans le mur, mais à comment sortir économiquement et aussi culturellement de notre toxico-dépendance à la croissance et à la consommation.
Afin d’initier cette transition vers de nouveaux modèles de société soutenables (d’un point de vue écologique, énergétique mais aussi économique) et surtout souhaitables (plus de démocratie participative, réappropriation du sens que l’on donne à sa vie, plus grande justice sociale…), nous proposons la mise en place d’une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA) nécessairement couplée à un Revenu Maximum Autorisé (RMA). Cette dotation a pour but aussi de relocaliser l’économie tout en préservant les solidarités nationales et internationales, de s’émanciper de la centralité de la valeur travail et du capitalisme pour s’orienter vers l’autogestion, de tendre vers des souverainetés alimentaires et énergétiques en sortant de notre dépendance aux ressources finies (en particulier le pétrole) et de participer à une réappropriation de la politique. Cette dotation serait versée de la naissance à la mort de manière inconditionnelle, en droit de tirage (énergie, eau, alimentation), d’accès (logement, éducation, santé, transport), en monnaies locales fondantes et éventuellement, pour partie, en monnaie nationale.

Plus d’infos : http://www.partipourladecroissance.net/?p=4144

3- Banques
Il est nécessaire de remettre l’économie et son outil principal, la création monétaire, à sa place. Les banques doivent être des outils permettant d’instaurer des politiques ambitieuses de transition vers de nouveaux modèles de société soutenables (d’un point de vue écologique, énergétique mais aussi économique) et surtout souhaitables. C’est pourquoi nous souhaitons une réappropriation publique et politique des banques privées et des banques centrales afin de maîtriser la création monétaire.
Il faut aujourd’hui sortir de la religion de l’économie, mais aussi du productivisme, et questionner : qu’est-ce que l’on produit ? Comment on le produit ? Pour quel usage ?
De la même manière, la création monétaire, les dettes, l’emprunt doivent être questionnés. Il faut poser collectivement et démocratiquement la question du sens et réorienter nos politiques, en s’appuyant entre autres sur les banques, pour initier cette transition.
En particulier, nous privilégierons la création de banques locales et de monnaies locales fondantes, associées à des projets participatifs de relocalisation, où la dimension humaine sera centrale : repolitisation de la société et resocialisation de la politique, réflexion sur la convivialité, prise en compte des questions de sens et de soutenabilité.

4- Dette
Vouloir essayer de rembourser des dettes, en particulier publiques, à coup de plans d’austérité et en espérant le retour de la sacro-sainte croissance n’a pas de sens. Premièrement, on atteint les limites de la croissance, notamment avec les limites de production de pétrole mais aussi de beaucoup de ressources de base (minerais, métaux, énergie…). Cela entraîne une augmentation drastique des prix aussitôt que l’on retrouve un peu de relance. Ces plans de relance ne peuvent qu’être stériles.
Deuxièmement, parce que même si cela était possible, ces plans d’austérité sont injustes et condamnent le futur en détruisant en premier lieu les budgets comme ceux de l’éducation, de la culture et de l’écologie. Les plans d’austérité, en créant autant d’injustices sont le meilleur moyen d’exclure une part toujours plus grande de la population, de créer les conditions d’explosions sociales et la montée des mouvements d’extrême droite.

Essayer en vain de rembourser ces dettes, c’est essayer de sauver l’oligarchie financière et son hégémonie sur le monde. Mais c’est aussi mettre en péril la démocratie.
Au contraire, il faut se réapproprier la création monétaire, annuler totalement ou partiellement les dettes publiques et certaines dettes privées, et commencer à construire ensemble de nouveau modèles économiques souhaitables et soutenables. C’est pourquoi nous proposons la mise en place d’une DIA associée au RMA.

Pour aller plus loin : http://www.partipourladecroissance.net/?p=6444

La véritable dette que nous allons laisser à nos enfants et à nos descendants sur plusieurs générations, est la dette écologique avec le gâchis des énergies et des matériaux non renouvelables, l’effondrement de la biodiversité, la pollution chimique, mais aussi l’appauvrissement des sols, ainsi que la dette sociale et culturelle, avec une société devenue incapable de se donner des limites, une société consumériste du toujours plus, de la perte de sens, une société capable d’accepter des inégalités devenues insupportables.

En espérant avoir répondu à vos questions,
Bien cordialement,

Collectif Décroissance 2012
contact@decroissance2012.fr
http://decroissance2012.fr/

Le mensuel « La Décroissance » se pique de voter pour une démondialisation rose

Cette semaine, nous découvrons que subitement, « le journal de la Décroissance », qui ne représente plus qu’une équipe très réduite autour de Vincent Cheynet, et non les OC dans leur diversité, décide d’effectuer un virage à 180° et de prendre position pour soutenir Arnaud Montebourg dans sa course aux primaires socialistes. Quelle surprise ! Ces derniers temps, le mensuel s’est surtout manifesté par son acharnement dogmatique contre des personnalités qualifiées d’écotartuffes car jugées insuffisamment engagées dans l’écologie ou la Décroissance.

Nous soulignons la « relative fraîcheur » qu’apporte Arnaud Montebourg dans ces primaires, au sein d’une « gauche » européenne en déficit d’idées et de réponses face à la crise anthropologique actuelle. De même, c’est avec un « plaisir, certes limité », alors que nous militons pour une repolitisation de la société et une resocialisation de la politique, que nous observons l’engouement relatif qu’engendrent ces primaires, qu’elles soient socialistes ou écologistes (EELV). Par contre, nous ne pouvons qu’en constater les limites à la fois sur le fond et sur la forme.
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Carte pour aller à la rencontre des Objecteurs de Croissance de votre région

La carte ci-dessous a plusieurs fonctions

  • Elle permet d’aller à la rencontre d’autres objecteurs de croissance :
    • envoyez un courriel aux personnes qui se sont déjà manifestées en donnant une adresse de contact
    • rendez-vous aux événements déjà organisés par des objecteurs de croissance
  • Vous faire connaître des autres objecteurs de croissance :
    • en donnant une adresse mail de contact, ou l’adresse de votre site web
    • en organisant vous-mêmes une action autour de « la campagne 2012« 

Dans les deux cas, l’objectif est de faciliter des rencontres réelles.
Les rencontres réelles sont indispensables.

Les outils internet sont utiles pour organiser des rendez-vous, mais ils ne peuvent pas créer du lien à eux seuls.

[mappress mapid="1"]

 

Pour être référencé sur cette carte, il suffit d’envoyer à contact@decroissance2012.fr :

  1. le lieu où apparaîtra votre référencement
  2. le message que vous désirez voir diffuser sur la carte
  3. une adresse mail de contact… ou si vous n’en n’avez pas …
  4. de préciser si vous désirez bénéficier d’une adresse mail de contact/discussion du type region@ml.decroissance2012.fr (notice de fonctionnement ici)
  5. un numéro de téléphone (optionnel)
  6. un site web (optionnel)

Merci d’indiquer explicitement « je souhaite être référencé« , dans votre courriel, afin d’éviter les impairs.

Forum national de la désobéissance – Grigny le 8 Octobre

Nous sommes tous des désobéisseurs !
Tous à Grigny (Rhône) le 8 octobre !

La désobéissance : un enjeu de citoyenneté

8 octobre 2011 – 9h30 – 17h

[Rendez-vous publié sur Démosphère]

Désobéissance individuelle, professionnelle, institutionnelle

Forum national co-organisé par la ville de Grigny (Rhône) et le Sarkophage

Face aux atteintes portées à la démocratie par une oligarchie toujours plus agressive,
Face aux remises en cause du pacte social et notamment des services publics,
Face à la nécessité de renforcer le répertoire d’action des citoyens, des salariés, des chômeurs, des consommateurs, de tous les sans (logement, papier etc.),

La question de la désobéissance est posée par des acteurs sociaux les plus divers et toujours plus nombreux. Ces actes de désobéissance ne sont en rien un retour au vieil illégalisme.
Ils en appellent à la désobéissance au nom d’une conception plus haute du droit.

Désobéissance individuelle pour échapper à l’idéologie du système et à ses engrenages : réseaux anti-pub, collectifs d’accueil des étrangers en situation irrégulière, RESF, faucheurs volontaires, bilinguisme régional, semences paysannes, lanceurs d’alerte, refus de la télévision, des JO, réquisition de locaux (DAL, Jeudi Noir), etc.

Désobéissance professionnelle pour échapper à la casse des services publics, aux logiques de privatisation du vivant, avec les enseignants désobéisseurs, les médecins solidaires, les postiers qui refusent d’être transformés en VRP, les électriciens qui rétablissent le courant, les travailleurs sociaux qui refusent de devenir des auxiliaires de police, l’appel des cinéastes à désobéir, les mouvements pour défendre les services publics (EGSP), le droit à l’avortement, le refus du travail dominical et des nocturnes commerciaux, etc.

Désobéissance institutionnelle avec des collectivités territoriales qui refusent les expulsions, qui contournent les interdits en matière de services publics gratuits, qui se proclament territoires sans OGM, villes hors AGCS, qui pratiquent des semis désobéissants, admettent de l’habitat léger, refusent l’implantation de grandes surfaces, revendiquent la désobéissance européenne, etc.

Programme provisoire Lire la suite

Aux signataires de Décroissance 2012 : pour aller plus loin !

Vous avez signé l’appel Décroissance 2012 et nous vous en remercions. Nous sommes aujourd’hui plus de 700 à soutenir cet appel qui fait aujourd’hui de plus en plus consensus au sein de notre mouvement.

Commençons à nous organiser. Ainsi nous souhaitons vous proposer  :

  • De continuer à faire vivre cet appel en le diffusant dans vos réseaux (rencontres militantes, salons, emails, réseaux sociaux, blogs…). Vous pouvez aussi imprimer des tracts.
  • De vous retrouver physiquement dans vos régions. Rien de tel que d’être sur le terrain pour trouver des idées, et travailler le projet :
    • D’organiser des cafés Décroissance un peu partout afin de se rencontrer et de réfléchir ensemble – localement – à ce que chaque groupe peut faire.
    • D’utiliser le « Facebook Décroissance 2012 » pour vous mettre en réseau et pour vous rencontrer physiquement.
    • N’hésitez pas à nous contacter si vous avez besoin d’aide et de conseils, principalement pour la communication. Il nous est possible de créer des listes de discussion du type region@ml.decroissance2012.fr pour vous aider à vous coordonner.
    • De nous renvoyer votre code postal, que nous n’avions pas demandé aux premiers signataires, pour mettre en relation les personnes issu du même département et faciliter leurs rencontres.
  • D’organiser des actions de visibilité :
    • De mettre en pratique et de diffuser les idées évoquées ci-dessus.
    • D’organiser des marches et/ou des balades à vélo, prétextant la conquête des 500 signatures, pour aller de mairies en mairies rencontrer les élus.
    • D’organiser des vélorutions, des parking-day, des porteurs de parole.
    • D’organiser des conférences, des conférences gesticulées, des cafés Décroissance & projections/débat à l’adresse du grand public, etc…
    • D’organiser un débat-citoyen autour de la Décroissance et de ses thèmes et y inviter les exécutifs locaux ..
    • D’organiser des projections/débats autour du film « simplicité volontaire et Décroissance »,  « sous les pavés la terre ». Nous sommes en possession du premier film et pouvons vous le prêter afin d’organiser près de chez une projection-débat et ainsi rencontrer d’autres OC
  • De devenir un-e correspondant-e local-e, pour celles et ceux qui sont motivé-e-s.Merci d’envoyer un courriel à contact@decroissance2012.fr en précisant bien votre lieu de résidence. Nous vous mettrons en contact avec des personnes proches de vous et pourrons vous aider et soutenir pour organiser un groupe local.
  • De rejoindre le Collectif 2012, sous certaines conditions, afin de participer à son organisation et sa communication, ou en tant que représentant d’un groupe local.

Cette campagne, se veut radicale mais ouverte, elle s’inscrit dans une logique de politique autrement et de convergence avec d’autres luttes.
Cette campagne est la vôtre.
A vous de la relocaliser et de vous l’approprier. Essayez, c’est possible.

Collectif Décroissance 2012

Voir aussi :

Réponse à la tribune « La Décroissance Candidate pour 2012 ? » publiée dans le n° 81 de « La Décroissance » de Juillet-Aout 2011

Ce communiqué a été envoyé au journal « la Décroissance ». Il a été très partiellement publié dans la rubrique « courrier des lecteurs » du n°82. Aucune indication ne signale son morcellement.

Suite à la tribune d’opinion parue dans le numéro estival 2011 du journal « la Décroissance » sur les différentes initiatives pour 2012, le collectif Décroissance 2012 souhaite apporter quelques précisions factuelles sur sa démarche et sa campagne.

Tout d’abord, la campagne Décroissance 2012 n’a pas été lancée par le Parti Pour La Décroissance, même si ce dernier la soutient, mais par un collectif ouvert d’objectrices et d’objecteurs de croissance. Elle est le fruit d’un travail de réunions, débats et réflexions de plus d’une année. Les porteurs de ce projet ont tenu à prendre le temps de rencontrer et discuter avec une grande partie du mouvement dans une recherche de consensus avant de lancer un appel. C’est ce qui explique qu’il est aujourd’hui signé par plus de 700 personnes, en particulier par Paul Ariès et Clément Wittmann que nous soutenons dans son tour en vélo malgré des divergences de forme.

Cette initiative, comme le souligne Paul Ariès dans son texte de soutien a pour objectifs de faire campagne autour des idées de la Décroissance, de la rendre visible, de faire se rencontrer localement des OC (objecteurs-trices de croissance) et de critiquer les institutions de la 5ème République ainsi que les dérives de la politique spectacle qui n’en finit plus de dépolitiser notre société malade.

Cette campagne s’inscrit dans une logique du « pas de côté » et se veut ouverte et participative.

Concernant notre projet, nous souhaitons mettre en avant l’instauration d’une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA) couplée à un revenu maximum autorisé (RMA). La DIA, contrairement à un revenu d’existence, n’est pas versée en monnaie nationale mais en droit de tirage (eau, énergie, nourriture, logement, terrain), d’accès (santé, éducation, culture, information…) et en monnaie locale fondante (afin d’initier l’émergence de nouveaux systèmes économiques locaux soutenables et conviviaux). Elle a pour but d’élargir les droits de l’Homme et de permettre à toutes et tous, de la naissance à la mort et de manière inconditionnelle, d’avoir accès à ce que démocratiquement nous considérons comme suffisant pour une vie frugale et décente. C’est un outil économique et social  susceptible d’initier une transition démocratique et sereine vers des sociétés soutenables et souhaitables de Décroissance. Il a pour objectif de faire décroître les inégalités, de sortir du capitalisme, de se désaliéner du travail salarié, d’imaginer un autre rapport à l’argent tout en mettant en exergue d’autres comportements, de relocaliser nos vies et nos économies, de repolitiser la société et resocialiser la politique.

Pour finir, nous rappellerons que malgré les efforts de chacun-e, la Décroissance reste malheureusement confinée dans un microcosme. Afin de la faire sortir de la confidentialité dans laquelle elle se trouve encore, plusieurs campagnes, initiatives, démarches, sur les quatre niveaux politiques de la Décroissance, ne semblent pas de trop malgré des chemins différents. C’est pour cela que nous nous félicitons de l’ensemble des tentatives des Objecteurs de Croissance, que ceux-ci agissent chez EELV, au NPA, au PG, au PPLD ou sur un vélo… mais aussi dans des manifestations, des actions, de la désobéissance civile, à travers des livres,  des journaux, dans le monde universitaire ou encore dans la simplicité volontaire et dans des alternatives concrètes (villes en transition, AMAP, SOL, SEL, etc.) Tous mouillent leur chemise à leur manière et participent à initier cette transition souhaitable vers des sociétés de Décroissance.

Il y a autant de chemins que d’Objecteurs et d’Objectrices de Croissance, le but de l’appel Décroissance 2012 est de les mettre en avant, de les rendre visibles mais aussi de créer des liens entre ces différentes approches en se rencontrant.

Collectif Décroissance 2012

Simon Charbonneau : contre une compétition électorale pour la présidentielle

Simon Charbonneau est universitaire et militant associatif.

J’ai surtout signé votre appel en réaction contre une compétition électorale pour la présidentielle qui pousse à une personnalisation excessive des candidatures au détriment des questions politiques à aborder au cours de la campagne. Des candidatures individuelles ne peuvent que tomber dans le piège du vedettariat avec toute l’ivresse médiatique que cela peut entraîner ! N’oublions pas que la technique n’est jamais neutre ! Günther Anders a dit fort justement à propos de la démesure technologique que « l’homme est plus petit que lui même  » ! Les médias, c’est comme l’alcool, cela monte à la tête de celui qui les pratique de manière abusive !
Or la question de la décroissance ou de celle de l’autolimitation des moyens de l’humanité est la seule qui soit vraiment subversive aujourd’hui.

Ceci étant dit, je ne pense pas que dans la cacophonie des présidentielles, il soit possible de poser les vraies questions soulevées par la catastrophe en cours. Comme mon père et son ami Ellul, je n’ai jamais cru à « l’illusion politique ». Le seul espoir est représenté par le travail souterrain que chacun de nous, seul et collectivement, peut faire au sein de la société pour lui faire prendre conscience des défis énormes auxquels elle doit aujourd’hui faire face. Le paradoxe est qu’il s’agit d’un travail parfois ingrat et de longue haleine comme tout travail utile alors que nous sommes aujourd’hui dans l’urgence !!

Je vous encourage cependant dans votre entreprise qui peut être l’occasion de faire entendre un son de cloche différent.

Soutien de Paul Ariès à la campagne Décroissance 2012

La décroissance n’est pas un dogme à prendre ou à rejeter en bloc.
Elle est du côté du questionnement. Elle rime avec la dé-croyance.
Nous disons simplement que la solution à la crise n’est pas dans la croissance,
dans le « toujours plus » (de production et de consommation).
Nous savons bien que le capitalisme repose sur l’accumulation et le profit.
Nous ne croyons pas dans un capitalisme vert et sans croissance.
Nous savons que le bilan des socialismes réels fut aussi effroyable.
Il est cependant possible de penser un socialisme sans croissance.
Nous sommes des empêcheurs de développer mais aussi de voter en rond.
Nous ne croyons pas plus dans ce système politique qu’économique.
De la même façon que nous boycottons l’économie de croissance,
nous ne présenterons pas un candidat providentiel de la décroissance.
Nous ne tromperons pas nos proches en laissant croire que cette stratégie est possible.
Nous ne diviserons pas nos proches qui se reconnaissent dans d’autres mouvances antiproductivistes des gauches.
Nous savons cependant que le combat contre le productivisme et le consumérisme n’est pas gagné.
Nous savons que les petits pas faits à gauche et dans l’écologie sont encore fragiles.
Nous ferons donc campagne durant les présidentielles avec notre escargot.
nous ferons campagne avec la décroissance pour peser sur les débats d’ici 2012 et au-delà.
Nous ferons campagne pour dire que la décroissance est obligatoirement
anticapitaliste, immanquablement des gauches mais d’une autre gauche.
Nous ferons campagne pour dire « Non au capitalisme vert » et « Oui au Bien Vivre »,
oui au projet d’inventer un socialisme autogestionnaire de la décroissance.
Nous ferons campagne pour dire que ce n’est pas en culpabilisant les gens
qu’on changera la société, mais en suscitant le désir, le grand désir de vivre.
Nous ferons campagne pour dire que l’urgence sociale épouse l’urgence environnementale
pour rendre nécessaire et possible, dès maintenant, l’adoption d’un revenu garanti.
Nous lançons au débat l’idée d’une dotation inconditionnelle d’autonomie voisine du SMIC
qui permette d’avancer vers la gratuité du bon usage face au renchérissement du mésusage mais aussi de développer la « démonétarisation », la « déséconomisation » de nos modes de vie.
Nous ferons campagne pour la gratuité de l’eau vitale, des transports en commun urbains, de la restauration scolaire et du logement social, des services funéraires.
Nous ferons campagne pour une décroissance qui ne soit pas celle du « ni gauche ni droite », qui ne prône pas le « tous pourris », « tous pareils », nous ferons campagne pour une décroissance non sectaire, qui cherche la convergence entre tous ceux qui résistent, entre tous ceux qui créent.
Nous ferons campagne sans candidat en reconnaissant à chacun le droit de voter pour son champion préféré ou celui du moindre mal, en reconnaissant aussi la légitimité de refuser de voter.
Nous ferons campagne sans candidat parce que nous savons que si nous sommes parvenus à imposer nombre de nos thèmes dans le débat public comme la relocalisation contre le mondialisme, le ralentissement contre la culte de la vitesse, la coopération contre l’esprit de concurrence, la gratuité contre la marchandisation, le choix d’une vie simple contre le mythe de l’abondance, une planification autogestionnaire contre le libre marché, etc.,
La décroissance n’est pas la petite grenouille qui aurait vocation à devenir aussi grosse que le boeuf.
Je salue donc cette initiative comme je soutiendrai toutes celles qui permettront de faire converger les antiproductivistes des gauches et les écologistes antilibéraux.
La décroissance ira divisée en 2012. J’ai choisi mon camp. Celui d’un socialisme autogestionnaire de la décroissance.
Pas celui d’une décroissance du « ni gauche ni droite », jamais celui d’une droite décroissante honteuse.
A l’heure de la droitisation de la société (écologie et gauche souvent comprises), j’appelle les Objecteurs de croissance à participer à notre campagne, à le faire, là où ils sont, comme ils le souhaitent, c’est-à-dire y compris en pesant sur les autres campagnes, en obligeant leur candidat à bouger encore.

Paul Ariès

Les quatre niveaux politiques de la Décroissance

  1. Le projet : projet de transition et aussi réflexion sur ce que peuvent être des sociétés de Décroissance.
  2. Le collectif : à travers les alternatives concrètes.
  3. La visibilité : l’organisation de rencontres-débats, de manifestations, le passage dans les médias, la participation à des élections de manière non-électoraliste.
  4. L’individuel : à travers la simplicité volontaire et la décolonisation de l’imaginaire.

Mieux partager le gâteau, limiter sa taille, et aussi lui donner un meilleur goût !

La Décroissance cherche des réponses pour « mieux partager le gâteau, limiter sa taille, et aussi lui donner un meilleur goût ! »

  • mieux partager le gâteau : pour des raisons sociales (augmentation des inégalités dans le rapport nord/sud, et à l’intérieur de chaque pays),
  • limiter sa taille : pour des raisons environnementales (la déplétion des ressources, la rapidité du changement climatique, et les pollutions),
  • lui donner un meilleur goût : quand bien-même les périls sociaux et environnementaux ne menaceraient pas, il s’agit de retrouver le sens de nos vies (frustrations, concurrence, adaptation au techno-scientisme, pub, toujours plus, aliénation au travail, etc.).