Le mensuel « La Décroissance » se pique de voter pour une démondialisation rose

Cette semaine, nous découvrons que subitement, « le journal de la Décroissance », qui ne représente plus qu’une équipe très réduite autour de Vincent Cheynet, et non les OC dans leur diversité, décide d’effectuer un virage à 180° et de prendre position pour soutenir Arnaud Montebourg dans sa course aux primaires socialistes. Quelle surprise ! Ces derniers temps, le mensuel s’est surtout manifesté par son acharnement dogmatique contre des personnalités qualifiées d’écotartuffes car jugées insuffisamment engagées dans l’écologie ou la Décroissance.

Nous soulignons la « relative fraîcheur » qu’apporte Arnaud Montebourg dans ces primaires, au sein d’une « gauche » européenne en déficit d’idées et de réponses face à la crise anthropologique actuelle. De même, c’est avec un « plaisir, certes limité », alors que nous militons pour une repolitisation de la société et une resocialisation de la politique, que nous observons l’engouement relatif qu’engendrent ces primaires, qu’elles soient socialistes ou écologistes (EELV). Par contre, nous ne pouvons qu’en constater les limites à la fois sur le fond et sur la forme.

Sur le fond, la question de la démondialisation est malheureusement bien différente de la relocalisation ouverte souhaitée et initiée par les objecteurs de croissance. Réguler la finance, voire le capitalisme, réguler les échanges et stopper l’hémorragie des délocalisations n’est en aucun cas une réponse aux crises environnementale, énergétique et encore moins culturelle (voir notre critique de la perte de sens dans nos sociétés productivistes et consuméristes). Oui à plus de régulation, oui à une réappropriation de l’économie, oui à la relocalisation ouverte mais pour initier une transition vers des sociétés soutenables et surtout souhaitables et non pour rechercher un inespéré retour à la croissance !

Sur la forme, alors que les mouvements de démocratie réelle semblent prendre naissance un peu partout dans le monde occidental, et également chez nos amis israéliens et maintenant états-uniens, il est dommage que cet engouement pour les primaires s’inscrive à la fois dans l’enfermement représentatif de la démocratie et dans la personnalisation de la politique-spectacle.
Enfin pour conclure, nous tenons à rappeler que ce texte n’engage que les objecteurs et objectrices de croissance qui l’ont validé. De même, nous tenons à souligner la diversité de notre mouvement : en effet, faire de la politique autrement c’est sortir des schémas classiques de la politique politicienne, des mots d’ordre envoyés aux militants en leur disant que faire. Au contraire, c’est comprendre, en opposition à celles et ceux qui veulent en imposer un seul, qu’il n’y pas un unique chemin vers la Décroissance, c’est accepter que la transition sera longue et qu’elle devra être respectueuse et démocratique… ou alors qu’elle ne sera pas celle que nous souhaitons.

Ainsi, nous rappelons que chacun et chacune est libre de continuer à colporter la Décroissance là où il se sent le mieux, dans son quartier, dans son village, à vélo, dans son université, dans son syndicat, dans son parti, dans son journal, dans son collectif, chez lui ou bien, pourquoi pas, en allant participer à des primaires.

Source : Parti Pour La Décroissance